Aujourd’hui le patrimoine de ce pays est mis en valeur par différents moyens : musées, centres d’éducation au patrimoine, centres d’initiation à l’environnement et au patrimoine, offices et guides touristiques etc…
Ces moyens n’arrivent pas toujours à toucher la population locale. Les raisons sont diverses :
- images que ces structures donnent ou que la population locale s’en fait ("culture vitrine" des musées, Pays Basque folklorisé par des offices de tourisme),
- manque d’actions mises en œuvre par ces structures pour que les habitants du Pays Basque s'approprient ce patrimoine.
Comment faire pour que la population locale adopte ces outils et s’implique dans leur élaboration et leur gestion ?
Comments
Pfff ! Je commence à avoir mal à la tête. Je croyais que c'était simple le patrimoine. Eh bé, non ! C'est pas simple.
Surtout quand j'entend qu'on peut se l'approprier. Ceux qui s'approprient le patrimoine sont par exemple les agents touristiques qui en vivent. Moi je préfère m'en nourrir.
Le patrimoine ça donne des forces pour aller de l'avant et inventer encore et encore des formes, des paroles, des musiques pour chanter la vie aujourd'hui.
Les marchands du Temple qui font du fric avec le patrimoine ne vaudront jamais l'artiste, l'artisan ou le poète qui travaillent dans l'ombre.Quant à l'appropriation du patrimoine par les "public" c'est encore autre chose. Les foules consomment tant de choses aujourd'hui qu'elles bouffent du patrimoine sans le savoir. Mais est-ce vraiment du patrimoine que de gober "des racines et des ailes" entre "qui veut gagner des millions" sur TF1 et un match de rugby sur FR2 ?
Non c'est du spectacle, donc de la consommation. La véritable appropriation est celle qui impulse la création.
Posted by: Claude LABAT.2006/03/28 21:16:34.081 GMT+1
- le volet passif, celui de la simple « l’information » authentique (vérifiée et construite) : il faut des portails internet d’où on accède à des sites crédibles (la diaspora, les jeunes... tous zappent et consomment de l’information « on prend-on jette »).)
- le volet actif, celui de l’information en vue d’une création ou d’une « réappropriation » de la mémoire : ici, il faut avant toute chose et précédant toute action, de bonnes études de terrain sur les thèmes que l’on veut réactiver ou assumer pleinement (comme acteur, comme responsable, ou comme simple participant). Voyez ce que fait Thierry Truffaut pour le carnaval, ce que fit Hérelle pour les pastorales, ce que, à la suite de Colas, nous avons fait pour l’art funéraire....etc., etc.
Il faut recueillir des informations de première main, sur le terrain. Il faut s’engager avec les témoins (les analyses des sociologues et les discours « de femmes savantes », c’est pour les revues « spécialisées » que peu de gens lisent). Il ne faut pas faire n’importe quoi, n’importe où, n’importe comment. Il faut que les gens du lieu se sentent concernés par un événement qui a déjà résonné dans ces lieux, qui n’est pas complètement incongru. Il faut qu’ils sentent que ce qui se fait, c’est aussi « leur chose à eux » ; il faut les émouvoir et leur restituant et en suscitant leur engagement.Une relecture du patrimoine, une relance continuelle de ce dernier, une réactivation de ce que l’on nomme patrimoine (hors de laquelle il n’aura plus de sens, puisqu’il deviendra folklore : chose morte car anachronique) passe par une conscience claire de ce qu’il représente (et non de ce qu’il est, du simple point de vue descriptif) : en quoi cette manifestation est ainsi ? Dans cet endroit précis. A quel besoin elle répond ? En a –t-on toujours la nécessité ? Sinon, peut-on l’orienter vers autre chose ? Ou alors la ranger au grenier et refaire autre chose ?
Si cette conscience n’est pas, sur quoi allons nous construire ? Qui intéresserons-nous ? Si nous mêmes ne sommes pas concernés, si nous mêmes n’y voyons aucun intérêt ou un intérêt accessoire (faire plaisir aux anciens à défaut de faire l’effort de créer.... rester « vivre chez Papa-Maman » à défaut de fonder une famille !)
Posted by: Mikel DUVERT.2006/04/07 14:20:16.379 GMT+1