La littérature et la culture basques trouvent des soutiens qu’elles
n’avaient pas connus auparavant : des journaux, tel “Ariel” dirigé par
Augustin Chaho; des ouvrages ethnographiques, comme le fameux livre de
Francisque Michel “Le Pays Basque, sa population, sa langue, ses mœurs, sa
littérature et sa musique, 1857”; enfin, à partir de 1853, les concours de
poésie patronnés par le savant mécène Antoine d’Abbadie. Il en découlera une
effervescence littéraire où la fable tiendra une bonne place (Jose Antonio
Uriarte, Jean-Baptiste Archu…).
Trois auteurs marqueront l’univers de la création poétique : tout
d’abord, deux personnalités au destin singulier, le souletin Pierre Topet
Etxahun (1786 - 1862) et le guipuzcoan Jose Maria Iparraguirre (1820 -
1881), auteur du célèbre chant "Gernikako Arbola", exaltant le chêne,
symbole de liberté ; d'autre part, Jean-Baptiste Elizanburu (1828 -1891),
auteur d’une œuvre très modeste en quantité, mais dont quelques poèmes sont
devenus des classiques chantés des deux côtés de la Bidassoa (“Ikusten duzu
goizean” par exemple…).