Chant choral en Pays Basque nordPour une population de 250.161 habitants (recensement de 1990), le Pays Basque compte 2.690 choristes répartis dans 82 chorales. 56,3 % des chorales recensées sont laïques. Les autres sont religieuses. RépertoiresEt vient la question des répertoires qui nous a tant interpellés. Que chantent les chorales basques ? 69,5 % des chants sont en langue basque, 18,6 % en français. Viennent ensuite quelques autres langues : le latin (6,1 %), l’espagnol (3,7 %), l’anglais (1,1 %). La langue basque occupe donc très largement la première place. Dans les chorales, chanter, c’est chanter en basque. 91,7 % des chorales utilisent des partitions… Cela ne veut pas dire que tous les choristes lisent les partitions. 62 % des choristes ont, en effet, recours à l’enregistrement auditif qu’ils écoutent chez eux et qui leur permet de développer une technique d’apprentissage par l’oreille qui les dispense d’une connaissance approfondie (et souvent perçue comme fastidieuse) du solfège. Les prestationsSi les répertoires sont relativement figés pour chaque chorale, il faut noter que cette étanchéité s’accompagne d’un faible taux de déplacement. Pour des motifs divers, souvent dus au manque d’occasions ou aux frais de déplacements, 70 % des chorales ne se produisent jamais en Pays Basque sud… et 87,5 % des chorales ne se produisent qu’à l’occasion de services religieux, jamais en concert. Démographie et pratiques linguistiquesLe chant choral est essentiellement une pratique féminine. 60 % des choristes sont, en effet, des femmes dont l’âge est supérieur à 46 ans dans 70 % des cas. Tous les choristes parlent et écrivent le français. Suivant les régions, et en nous déplaçant d’ouest en est, 38 à 47 % comprennent la langue basque, 45 à 37 % l’espagnol. Notons qu’en fonction de l’âge, la proportion de bascophones est plus élevée chez les plus de 65 ans (44 %) et plus faible chez les 21-45 ans (23 %). MotivationsPour la plupart des choristes interrogés, il ne s’agit pas de s’engager dans un processus exigeant de création artistique. Si la volonté de maintenir un bon niveau vocal n’est pas étrangère à leur engagement (20,5 %) ou s’il s’agit, pour 20,4 %, d’un engagement spirituel, la plupart des choristes sont attirés par la dimension sociale de cette pratique collective : plaisir de participer à une vie de groupe (67,5 %), désir de perpétuer une tradition (33,4 %), volonté de s’intégrer à la vie du pays (22,8 %). Ces chiffres sont éloquents sur un point au moins : l’engagement dans le chant choral ne se fait pas au nom d’une « défense et illustration » du chant basque et la définition de ce qu’est un chant basque n’est pas au premier rang des préoccupations de chacun. Ce qui compte avant tout, c’est le moment en partage. |
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