Patrimoine immatérielLe patrimoine est constitué de tous les éléments matériels et immatériels qui fondent l’identité d’un groupe humain et le différencient d’un autre. Le patrimoine immatériel constitue le socle du programme "eleketa" initié par l’Institut culturel basque et dont l’objectif est de collecter, archiver et diffuser la mémoire orale en langue basque (récits de vie, de savoir-faire, chants et légendes...). Sur proposition d’institutions de Haute Navarre (Université Publique de Navarre, fondation privée Euskokultur) et avec le partenariat financier du PCD Baxe-Nafarroa, du Conseil général et du Conseil Régional d’Aquitaine, la collecte de la mémoire collective en Basse Navarre a démarré en 2007, avec l’intention d’étendre le projet à tout le Pays Basque nord. Dès 2007, l'Institut culturel basque a mis en place une méthodologie de collecte et d'archivage, dont la première action a été de réunir un comité de pilotage, par canton, pour identifier les témoins et les thèmes à approfondir. Le Conseil général des Pyrénées Atlantiques a, depuis 2009, pris la maîtrise d’ouvrage de cette opération, l’Institut culturel basque en restant le maître d’œuvre. Les témoignages collectés sont numérisés, découpés en séquences et traités de manière à pouvoir être archivés notamment au Pôle d’Archives de Bayonne. Afin de les faire partager, l’Institut culturel basque mène également des actions avec les publics scolaires et adultes, et les diffuse ainsi au plus grand nombre. Historique de la collecte2007 - La collecte en Pays de Mixe (Amikuze)
L’Institut culturel basque a commencé la collecte de la mémoire collective par l'Amikuze (région de Saint-Palais, Pays de Mixe).
Huit personnes originaires de Saint-Palais (Marie Oxarango, Kattin Harisgarat, Kattina Etcheverry, Ttotte Ainciboure), de Gabat (Alexandre et Pantxika Bordagaray, Albert Dubois), de Garris (Isidora Claveranne) et Masparraute (Léon Tissier) ont été filmées entre août et décembre 2007. La matière collectée a été numérisée, découpée en séquences, traitée puis envoyée à la fondation Euskokultur qui l’intégre à sa base de données et la communique à l'Université Publique de Navarre pour son site navarchivo. Les dossiers finalisés sont conservés sous disque dur dans les locaux d’Aldudarrak Bideo (partenaire technique de l’opération) et à l’Institut culturel basque. Grâce à l'expérience-pilote d'Amikuze, L'Institut culturel basque a mis en place une méthodologie de collecte, de numérisation et d’archivage pouvant s’appliquer, dans les années à venir, à l’ensemble de la Basse Navarre et du Pays Basque nord. 2008 - La collecte en Pays de Mixe, Garazi et Baigorri
Dix-neuf enquêtes ont été réalisées sur les cantons de Saint-Palais, Saint-Jean-Pied-de-Port et Saint-Etienne-de-Baïgorry :
Remarque : L’objectif principal était d’achever en 2008 la collecte sur l’Amikuze. Toutefois, l’ICB, la fondation Euskokultur et Aldudarrak Bideo (partenaires de la collecte) ont été sollicitées en 2008 par la Commission Syndicale du Pays de Cize et la Junta de Aezkoa (projet Leader) pour recueillir la mémoire collective quant aux relations transfrontalières des vallées de Cize et d’Aezkoa et réaliser un film. C’est la raison pour laquelle 6 vidéoenregistrements ont été réalisés dans le canton de Saint-Jean-Pied-de-Port. L’enregistrement effectué sur le canton de Baigorri correspond également à un autre projet particulier. Numérisation et montage : Ils sont réalisés, dans les locaux d’Aldudarrak Bideo à Saint-Martin-d'Arrossa. Saisie documentaire et traitement archivistique :
Valorisation pédagogique Un projet intitulé « Ethnologues en herbe » a débuté en 2008 auprès des écoles primaires et du collège privé de Saint-Palais pour initier les enfants eux-mêmes, à partir du thème de la fête, au travail du collectage. Ce travail a été finalisé en juin 2009. 2009 - La collecte en Basse Navarre, en Soule et en LabourdProfitant de nouvelles opportunités, l'Institut culturel basque est allé au-delà de la province de Basse Navarre et a étendu sa collecte au territoire du Pays Basque nord en y intégrant des témoignages recueillis en Soule et en Labourd.
Dans le cadre du projet de rénovation du lavoir d'Ahetze auquel l'Institut culturel basque participe, Terexa Lekumberri a collecté les témoignages de Germaine Pouyal et Kattin Miranda. En 2009, l'Institut culturel basque a donc recueilli 36 témoignages, soit depuis 2007, 65 personnes. 2010 : Le patrimoine maritime à Saint-Jean-de-Luz/CiboureLa vie des gens de mer (pêcheurs, épouses de pêcheurs, mareyeurs, charpentiers de marine, garçons de chais, formateurs de marins, ouvriers ou ouvrières en conserverie, filetières et autres) et du port de pêche de Saint-Jean-de-Luz/Ciboure a été mise à l'honneur en 2010. 25 enregistrements ont été réalisés autour de cette thématique. Par ailleurs 4 témoins ont été filmés sur la thématique de l'industrie de la chaussure (à Hasparren et en Soule) et 10 autres autour de récits de vies. Au total près de 39 enregistrements ont été réalisés en 2010. 2011 : Poursuite de la collecte en Basse-Navarre, en Labourd et sur l’industrie de la chaussure à HasparrenAu canton d’Iholdi-Oztibarre : Avec l’appui du comité de pilotage local (Pierre Laco, Mañex Molimos, Lucien Ruspil et Mañex Olçomendi). Beñat Ourthiague , Jean Olharan, Panpale Erdoçaincy, Jean Bacho, Marie-Jeanne Bouzout, Lucien Ruspil (Larceveau) ; Maina Ithurralde (Ostabat), Nane Arhets (Uhart-Mixe). Soit 8 témoignages. Par ailleurs, le Département a demandé de recueillir sur ce secteur des témoignages concernant la commanderie « Ospitalea » d’Irissarry. Quatre personnes ont témoigné lors de trois enregistrements audiovisuels : Pierre Iribarren, Maddi Aguerre (Irissarry) ; Germaine Minaberry et Juanita Lacourrège (Ossès). Au canton de Garazi-Baigorri : Jeanne et Jose Manuel Eliceche, Jean-Noël Etcheverry, Beñat Duclos, Marie-Angèle Echevertz (Bidarray) ; Manex Lanatua (Ahaxe), Martin Sabalçagaray (Saint-Etienne-de-Baïgorry). Soit 6 témoignages. En Labourd : Une sage-femme, la seule de la collecte jusqu’à présent : Yvonne Bellecave (Macaye). Deux témoignages concernant le patrimoine maritime basque du port de Saint-Jean-de-Luz / Ciboure, recueillis à l’occasion de l’exposition « Itsasturiak », exposition de valorisation de « Eleketa » : La famille Marin des Chantiers Marin (Ciboure), Arturo Garcia (Urrugne).Enfin, dix personnes ont témoigné sur l’industrie de la chaussure à Hasparren. Au total 30 enquêtes en 2011. Par ailleurs l'Institut culturel basque a mené à bien le projet d'exposition multimédia "Itsasturiak, les gens de la mer" (www.itsasturiak.com) valorisant ainsi le travail de collectage entrepris en 2010 sur St-Jean-de-Luz / Ciboure.
Paroles de gens de mer
La vie des gens de mer (pêcheurs, épouses de pêcheurs, mareyeurs, charpentiers de marine, garçons de chais, formateurs de marins, ouvriers ou ouvrières en conserverie, filetières et autres) et du port de pêche de Saint-Jean-de-Luz/Ciboure a été mise à l'honneur en 2010 dans le cadre du programme de collecte de la mémoire "Eleketa" mené par l'Institut culturel basque. 26 témoins été filmés et 72 extraits de ces entretiens vidéos sont consultables en ligne. Témoignages d'Amikuze
![]() Les témoins développent certains thèmes
spécifiques au territoire (métayage, foires et
marchés, courses de chevaux, travail du bois,
développement de l’agriculture et de la
formation) parmi d’autres sujets plus
généraux (rites religieux, savoir-faire, métiers).
Sur le pas des anciensAvant même la mise en oeuvre du programme Eleketa, l'Institut culturel basque a engagé des actions de valorisation du patrimoine oral basque à l'image de l'opération "Zaharren urratsetik - Sur le pas des anciens" menée entre 2004 et 2007. L'objectif de cette initiative était de rechercher par l’échange convivial le bien-être des personnes hébergées dans des maisons de retraite, et parallèlement, d’enrichir grâce à elles notre mémoire collective. Des enregistrement audios témoignent ainsi du travail mené dans des communes telles que Saint-Jean-de-Luz. |