Sur
le territoire d'Ordiarp, Arangorena est le quartier le plus éloigné
du village. Au pied du versant nord du massif des Arbailles, couvert
de sombres forêts, le versant sud est encore partiellement cultivé.
Vers l'ouest le col de Naphal est occupé chaque automne par un vaste
filet pour la capture des palombes. Le chemin qui monte en faisant
des lacets est un très ancien chemin de transhumance.
C'est là vers
1780 que plusieurs paysans sans terre décident de s'installer. La
Soule vit alors une véritable explosion démographique. La
population a été peut être multipliée par 4 depuis le début du
XVIIème siècle. Les terres disponibles ne suffisent pas à nourrir
cette population de plus en plus nombreuse. Sur les versants et dans
les vallées les plus accessibles les occupations de terre et les
défrichements se multiplient. Les bordes isolées se transforment en
maisons. Tout cela est plus ou moins légal et plus ou moins bien
accepté par les maîtres des maisons déjà existantes. A Ordiarp,
l’installation des cinq « colons » d’Arangorena
suscite la colère des habitants, et plus particulièrement celle des
familles les plus aisées qui envoyaient les troupeaux les plus
considérables sur les versants des collines et à la montagne. Les
terres défrichées étaient leurs terrains de parcours. Un procès
est engagé. En 1783, les habitants d’Ordiarp se rendent en force
sur les lieux pour abattre les clôtures. L'année suivante deux des
usurpateurs se rendent à pied à Versailles demander au roi la
propriété des terres défrichées. Est-ce pour le remercier que
l'une des maisons est appelée « Erregia »: roi? Après
plusieurs décennies de procès, les défrichements sont légalisés
au milieu du XIXème siècle. Ces terres si disputées il y 200 ans
étaient les dernières disponibles et donc les plus difficiles. Il
fallait beaucoup de courage pour labourer ou récolter le fourrage
sur ces pentes abruptes. Aujourd'hui une partie est retournée à la
friche.
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